Qu'est-ce que l'approche non directive créatrice des Thérapeutes en Relation d'Aide?

L’APPROCHE NON DIRECTIVE CRÉATRICE a été créée par Colette Portelance, D. Sc. Éd. Avec François Lavigne, M. Sc (Psy), elle a fondé le Centre de relation d’aide de Montréal qui, depuis 1985, forme des thérapeutes à la relation d’aide. À l’origine, Colette Portelance s’est principalement inspirée des travaux de Carl Rogers sur la non-directivité et de ceux de Georgiu Lozanov et de Jean Lerède sur la suggestologie. «Carl Rogers est sans contredit l’un des psychologues américains les plus importants du XXe siècle. Son œuvre s’étend sur plusieurs décennies.

Une de ses plus grandes découvertes dans le domaine des relations humaines a été le bienfait d’écouter véritablement une autre personne, non pas en tant que technique de conduite stratégique des relations, mais comme une façon d’être empathique. Cette écoute favorise la possibilité d’une naissance spirituelle et d’une meilleure réalisation de soi, en quelque sorte une guérison de l’âme humaine.

Cette écoute favorise la possibilité d’une naissance spirituelle et d’une meilleure réalisation de soi, en quelque sorte une guérison de l’âme humaine.

L’essentiel de l’apport de Carl Rogers aux professions d’aide est que l’écoute active facilite la croissance psychologique de l’individu dans un processus, jamais terminé, qui consiste à devenir un être humain fonctionnant pleinement, à s’accepter et à être lui-même le créateur ou l’auteur de sa propre vie. Il a découvert que, pour libérer le potentiel créateur d’une personne, ce ne sont pas l’autorité, les connaissances, la technique ou les interprétations de la personne aidante qui comptent.

C’est la relation elle-même qui guérit. Paradoxalement, c’est la relation qui permet à l’individualité d’émerger, qui engendre l’acceptation de soi nécessaire pour découvrir ou, encore mieux, retrouver le potentiel créateur. Rogers ne se fatiguait jamais de répéter que ce qui compte, c’est la qualité de la relation, un partage intense entre l’aidant et le client qui offre la possibilité d’une renaissance spirituelle.

L’ANDC est, comme l’approche rogérienne, une approche humaniste centrée sur la personne. Les thérapeutes en relation d’aide non directifs créateurs ne sont pas des individus qui se cachent derrière leurs théories et leurs techniques, mais des êtres qui vivent la relation d’aide comme une relation humaine. C’est parce qu’il vit, aime, souffre et pleure dans sa vie personnelle qu’il peut être à l’écoute des joies et des souffrances des autres et ce, avec une attitude de respect total de la nature profonde de chaque être humain. Basée sur l’hypothèse rogérienne selon laquelle l’individu a en lui le potentiel nécessaire à sa réalisation, cette attitude de respect, qui sous-tend la relation d’aide a pour effet de dégager l’aidant du pouvoir qu’il prend sur la vie des autres et de l’aider à prendre le pouvoir sur sa propre vie.

Ce qui compte, c’est la qualité de la relation, un partage intense entre l’aidant et le client qui offre la possibilité d’une renaissance spirituelle.

L’ANDC reste essentiellement non directive puisqu’elle respecte les différences individuelles, le vécu, les expériences de vie, les opinions et les choix qui diffèrent d’une personne à une autre.

On reconnaît la présence d’une relation entre deux personnes lorsqu’interviennent l’affection et la confiance qui favorisent l’influence inconsciente aidante. En effet, inutile de se leurrer, il n’y a pas de relation satisfaisante possible sans affection, confiance et, par conséquent, influence réciproque. C’est donc dire que le thérapeute en relation d’aide ne peut aider vraiment en profondeur son client - le professeur, son élève ou le parent, son enfant - que s’il se dégage de lui une attitude d’amour et de foi en lui-même et en l’autre. C’est quand le client sent que son thérapeute l’aime et croit en lui qu’il sent que l’aidé l’aime aussi et lui fait entièrement confiance que s’établit la relation nécessaire au processus d’aide. Ce moment clé, qui marque le véritable point de départ de la relation d’aide, se réalise généralement au cours de la première séance de thérapie, de la première journée de cours ou de la première rencontre.

L’ANDC cultive l’habitude à penser à soi d’abord, à travailler à se connaître, à se comprendre, à s’accepter et surtout à s’aimer. Cette attitude, trop longtemps rejetée parce que qualifiée d’égoïste, s’avère pourtant la plus libératrice et la plus aidante. En effet, comment pouvons-nous connaître, comprendre, écouter, respecter et aimer les autres si nous n’arrivons pas à nous connaître, à nous écouter, à nous respecter et à nous aimer nous-mêmes? Comment pouvons-nous accepter l’autre avec ses forces, ses faiblesses et ses contradictions si nous n’acceptons pas les nôtres? C’est précisément par cette aptitude à poser le regard sur nous-mêmes que nous sommes responsables.